Les vendredi 21 et samedi 22 septembre prochains, l’ODTI et ses partenaires organisent la 4ème édition de la manifestation Equinox Mètis. Cette année, plus que jamais, cette manifestation de rentrée scolaire, universitaire, sociale et politique est en phase avec l’équinoxe d’automne (cycle des saisons et de l’environnement) et aussi avec les fêtes républicaines prévues dans le calendrier de la Grande Révolution qui marquaient la fin de l’année et donc le début de la suivante : lundi 17, fête de la vertu, mardi 18 fête du génie, mercredi 19, fête du travail, jeudi 20, fête de l’opinion, vendredi 21, fête des récompenses. Pour les années bissextiles, l’année 2012 en étant une, on ajoutait une fête le 22 qui était la fête de la Révolution.
Sans crainte de nous répéter, à l’ODTI, nous apprécions cette symbolique de la révolution française de 1789 et nous lui associons celle de ce métissage des histoires et des cultures qui est peut-être un des traits caractéristiques, depuis de longues décennies, de cette ville et de cette région rurbaine.
Cette année, la manifestation Equinox Mètis se nourrira du quarantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie et de ce que cette région rurbaine, la France et l’Europe, doivent et devront à l’avenir aux populations migrantes, nous proposons un débat intitulé «L’immigration, un enjeu majeur pour l’Europe et pour la Région Rurbaine grenobloise». Aujourd’hui encore, en dépit des tensions financières qui occupent au quotidien le devant de la scène, minorant ainsi des préoccupations majeures telles que la crise climatique et énergétique, les phénomènes migratoires sont eux à la une des débats, malheureusement de la pire des façons, de manière très régressive sous couvert d’une grande hypocrisie. La France et encore plus l’Allemagne ont et auront besoin de ces populations immigrées. La question se pose toutefois de savoir comment les pays européens et surtout les régions rurbaines et les villes construiront les conditions de ce vivre ensemble au sein de populations multiculturelles et multiconfessionnelles auxquelles ils auront nécessairement besoin de faire appel.
C’est sans doute, avec l’enjeu climatique, le principal défi politique à prendre à bras le corps. Reconnaissons-le, ce n’est pas le cas aujourd’hui, y compris à Grenoble qui cultive une attitude
ambiguë vis-à-vis des immigrés. Les origines de l’association ODTI, sa création par des associations, des syndicats et la Municipalité Dubedout en 1970, à une époque où il était interdit pour les étrangers de s’associer, nous rappelle tous les jours ce que nous devons faire. Comme nos anciens, nous devons dire ce qui dérange pour faire en sorte que l’étrangère et l’étranger, quelles que soit leurs origines, soient accueilli-es comme des personnes humaines avec tous les droits et les devoirs qui sont ceux des nationaux. C’est avec elle et avec lui, avec toutes nos singularités, que nous devons inventer au quotidien cet être et ce vivre ensemble produit de l’égalité et du métissage.
L’année qui s’ouvre est une période de transition vers des échéances politiques locales (2014) et qui sera sans doute marquée par de fortes restrictions financières. A l’ODTI depuis presque 10 ans, avec un redressement judiciaire à la clé, nous savons ce que ces choses signifient. Nous savons surtout que face aux difficultés, il faudra plus de solidarité entre les personnes et les associations, et une solidarité qui soit créative d’un monde vivable à venir.

L’ODTI est pétri de cela. L’ailleurs et l’autre sont des routes vers soi.
Claude Jacquier

 

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