J’ai été embauchée à l’ODTI en décembre 1995, dans le cadre d’un Contrat Emploi Solidarité (C.E.S.), pour assurer l’accueil et le secrétariat en renfort de l’équipe existante. Par la suite, j’ai signé un CDI. Mes missions se sont élargies.

Dès 2001, la nécessité de rénover le foyer de travailleur migrant (créé en 1970) s’est concrétisée en projet de réhabilitation, dans le cadre d’une Maîtrise d’œuvre Urbaine et Sociale (M.O.U.S.*).

Dans ce cadre, une enquête a été menée, en amont de la réhabilitation, auprès des travailleurs migrants qui occupaient le foyer.

Ces personnes, qui avaient travaillé la majeure partie de leur vie en France, et dont la famille demeurait au pays, n’avaient plus de raison de se maintenir en France durablement une fois à la retraite.

Questionnés sur leurs besoins en terme d’hébergement à moyen terme, une grande majorité d’entre eux ont souhaité s’installer au pays d’origine, mais avec le besoin énoncé d’effectuer plusieurs courts séjours en France chaque année, pour des démarches administratives ou d’accès aux soins.

C’est pour eux, public historique de l’ODTI, qu’a été imaginé le dispositif « hôtel ».

A l’issue de la réhabilitation de l’ancien foyer de travailleurs migrants, les nouveaux logements ont été livrés en novembre 2004, et les premiers résidents ont emménagé. La bascule en résidence sociale a permis d’élargir la typologie des publics accueillis. Anciennement travailleurs migrants en majeure partie et isolés, c’étaient désormais aussi des couples, hommes et femmes seuls, avec ou sans enfants.

En novembre 2007 la structure toute entière a été ébranlée par son redressement judiciaire. Des licenciements économiques se sont imposés, l’équipe des salariés a été divisée par deux. Par la suite nous avons tous dû assumer des missions nouvelles.

C’est ainsi que, outre la gestion locative sociale, j’ai pris en charge la gestion du dispositif hôtel.

Ce dispositif consiste à proposer un hébergement « à la carte » aux anciens occupants du foyer de travailleurs migrants à la retraite.

Au-delà de la gestion des logements, l’accueil à l’arrivée, la mise en lien avec l’infirmière de l’ODTI, une autre de mes missions consiste à les accompagner dans toutes les démarches administratives,  souvent fastidieuses pour eux. D’autant que le traitement qui leur est réservé par les administrations françaises s’apparente parfois à de la discrimination, voire du harcèlement (cf. sitographie en bas de page).

Cela fait plus de 15 ans que je travaille auprès de ces personnes, en lien avec les autres services internes (infirmerie, service juridique…) ou externes (Pays’âge…). J’ai vu leur état de santé se dégrader (ils ont souvent exercé des métiers ingrats, dans le bâtiment et les BTP).

Aujourd’hui, la majorité de ces personnes a dépassé 70 ans.

Pour ces messieurs, souvent fragilisés et isolés lors de leurs séjours en France, l’ODTI est un repère, un point d’ancrage.

 

Rédigé par R. FRESNO

07/01/13

http://www.gisti.org/spip.php?article2753

http://www.gisti.org/spip.php?article202

http://www.ldh-france.org/section/perpignan/?p=987

http://www.chibanis.org/

*qu’est-ce-qu’une M.O.U.S. :

http://www.dguhc-logement.fr/infolog/droit_logt/mous_circ_02_08_1995.php

 

 

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